Paola Grieco expliquant les évolutions du marché aux M1 métiers du livre et de l’édition Crédit Photo : Léonie Leroy

Conférence Professionelle : Panorama de l’édition

Le 23 septembre 2025, nous avons eu la chance d’accueillir Paola Grieco. Éditrice depuis dix-huit ans, dont douze passés chez Gulf Stream, elle exerce désormais en freelance. Elle est venue nous présenter le panorama de l’édition française et ses évolutions, en se basant sur le rapport du Syndicat National de l’Édition pour la saison 2024-2025.

Chiffres clés

2019 est considérée comme la dernière année « normale » , puisque la crise du COVID est arrivée l’année suivante. Durant cette période, tout le marché du livre s’est retrouvé à l’arrêt. 2021 explose tous les records, puisque c’est l’année de la relance économique du secteur. 2022 est quant à elle une année de baisse et 2023 de ralentissement tout comme 2024 avec une baisse des nouveautés.

« 2024 est marquée par un chiffre d’affaire totale de -1,5% »

Cependant, le chiffre d’ affaires total de cette année s’élève à 2,9 milliards d’euros, ce qui montre qu’il s’agit toujours d’un secteur dynamique. En 2024, 111,8 millions d’exemplaires de livres ont été vendus. Ensuite, Paola Grieco a observé que les droits d’auteur en France ne sont pas les mêmes pour les auteurs jeunesse (8%) et pour les auteurs de littérature générale (10%). Elle note aussi un impact sur la vie des auteurs mais elle souligne aussi l’importance pour eux de négocier leurs droits d’auteur.

On remarque qu’en 2024, les nouveautés ont diminué, il y en avait 36 000 contre 44 000 en 2019. En revanche les réimpressions sont en hausse et ont augmenté de 2,8 % soit 69 452 titres imprimés contre 62 000 en 2019.

Le livre poche : un format stratégique

Le secteur du format poche est de manière générale assez stable depuis 2022. Ce format permet de donner une seconde vie à une œuvre et de manière générale il se vend plus car il est moins cher que les grands formats (reliés ou brochés). En format poche, c’est la littérature générale qui domine, représentant 59,2 % des ventes, soit plus de la moitié. Viennent ensuite la jeunesse qui représente 14,6 % des ventes, avec des long sellers tels que Harry Potter de J.K. Rowling, puis les BD et mangas, en légère baisse en raison des restrictions sur le Pass Culture.

Les échanges de droit à l’international, quels bénéfices ?

Les échanges de droits à l’international permettent la vente d’un titre en exclusivité à une maison d’édition étrangère pour une durée d’exploitation de 5 à 7 ans. Cela représente une source importante de revenus pour les éditeurs. Les crises sanitaires et géopolitiques ont engendré une baisse des cessions de droits en 2022. Pour autant, on note une légère reprise en 2023 avec 11 963 cessions.

Nouvelles pratiques de lectures et de diffusions

L’évolution des pratiques de lecture pousse les éditeurs à chercher de nouvelles voix sur les réseaux sociaux et les plateformes de lecture en ligne, tandis que le livre numérique et l’audio progressent, 28% des lecteurs ayant consommé au moins un livre sous forme numérique ou audio. La distribution reste dominée par la diffusion traditionnelle (78,4% des ventes), avec les grandes surfaces spécialisées, les librairies et les grandes surfaces alimentaires, mais environ un livre sur cinq est désormais acheté en ligne, imprimé ou dématérialisé.

Les plateformes d’autoédition, comme Bookelis ou Edith & Nous, représentent désormais près de 30% du dépôt légal, contre 10% en 2010, ce qui témoigne d’un paysage où l’édition traditionnelle coexiste avec une offre indépendante en forte croissance.

Célia, Élisa, Léonie


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