Mon choix de couverture se base sur le roman de Régis Jauffret, Microfiction 2022, dans lequel il évoque le quotidien d’une société malade, violente et déchue. Récit de 500 histoires vécues par des personnages différents, ces microfictions sont les fragments de vies brisées, indécentes ou angoissantes. En sélectionnant l’illustration originale, je voulais représenter une métaphore de la société : divisée, mais profondément connectée.
Le photomontage que j’ai réalisé correspond à un travail d’insertion et de cadrage. Le contraste était important à mettre en avant et pour apporter une atmosphère angoissante, j’ai ajouté des éléments dans le ciel : des nuages assombris, pour rappeler un orage et un croissant de lune qui fonctionne comme un repère réaliste. Il était aussi indispensable d’ajouter les personnages des microfictions, à travers des silhouettes, pour souligner l’anonymat et l’individualité. Elles fusionnent avec le décor, sans motifs ni textures apparentes. Ce sont des personnages aussi visibles qu’invisibles, et cette démarche fait écho aux histoires de l’auteur. Et enfin, le titre et le nom de l’auteur devaient également participer au contraste de l’image. La couleur blanc cassé du texte permet de faire ressortir les autres couleurs et les équilibrer face à la prédominance du noir. Pour donner de la place à l’illustration, j’ai préféré positionner le texte sur le côté. Je considère que cela apporte de l’originalité et permet de se démarquer des formes classiques, tout comme le livre que nous cherchons à représenter.
Microfictions 2022 incarne la nouveauté littéraire, l’expérimentation et cela devait aussi nécessairement ressortir sur la première de couverture.
