Alice Renard, une découverte

Alice Renard en dit beaucoup avec peu de mots. Le livre ne fait que 156 pages de textes et pourtant il raconte la vie d’Isor jusqu’à la fin de son adolescence. J’apprécie beaucoup ce genre de littérature minimaliste, je trouve qu’il y a une certaine virtuosité à la simplicité du langage et de la retransmission d’émotion. Ce livre est un mélange des âges et des sexes, ils y sont tous représentés. Une auteure de 21 ans parvient avec justesse et bienveillance à faire parler tous ces âges. Isor est le centre de ce livre et pourtant nous la voyons que par le biais des autres, le regard de ses parents d’abord puis de Lucien, et enfin dans la dernière partie du livre, elle s’exprime avec ses propres mots dans des lettres adressées à ses parents et à Lucien. La syntaxe d’Isor n’est pas très correcte, mais cela donne une certaine poésie au texte. Les trois dernières lignes du texte nous offrent une chute. Isor n’a peut-être pas écrit toutes ses lettres. Je ne comprends pas, puisque les parents ont bien reçu les lettres et ont réagi à ces lettres, par de l’incompréhension. Isor n’a jamais été scolarisée comment peut-elle savoir écrire ? Le père Camilio pense que depuis toute petite Isor se joue d’eux.