© Lucas Janeau

Vivre vite, un Goncourt de plus qui n’échappera pas à la controverse…

Vivre vite, le dernier roman de Brigitte Giraud a été récompensé par le prix le plus prestigieux de littérature : le prix Goncourt, ce 3 novembre dernier. Pourtant, la réception du livre n’a ni été unanime ni spécialement engageante.

Un avant (goût) un peu amer

La réception de vivre vite a commencé dès sa sortie, puisque Brigitte Giraud n’en n’est pas à son coup d’essai. La presse papier n’y a pas été particulièrement favorable, nombre de revues, journaux, n’ont accordé qu’une petite place au livre. Télérama par exemple n’a laissé qu’un petit tiers de page, laissé dans l’ombre d’une photo réservée pour un autre roman qui n’a pourtant visiblement pas été beaucoup plus convainquant (au vue des notes). Il a eu le même traitement sur Lire Magazine ou Femmes d’Aujourd’hui qui n’ont attribué au roman qu’un maigre encart. Pas de belle photo pour mettre l’objet ou l’auteure en valeur. Néanmoins, la critique en elle-même a été un peu plus clémente, quelques éloges par ci ou par là. Une poignée de compliments sur l’écriture sensible de Giraud et un rappel constant de sa première œuvre qui avait abordé le sujet de l’accident : À présent. De l’autre côté, la presse numérique n’a pas été très présente avant la nomination de Vivre vite au prix Goncourt.

 

Un après(-coup) regrettable.

Une fois que Giraud a été propulsée sur le devant de la scène, suite à sa nomination, la presse numérique s’est enfin intéressée à son sujet. Mais, comme pour la presse papier, les articles ont été pour la majorité assez mitigés quand ils ont parlé du livre en lui-même. Certains sites comme celui de Sud Ouest, a proposé deux articles, un publié un peu avant la victoire de Vivre vite et un deuxième le 3 novembre. Mais, tous les journaux n’ont pas été aussi élogieux que Sud Ouest : par exemple, le Marianne a été un, comme beaucoup, à faire remonter la « polémique » qui a porté préjudice à Vivre vite. Effectivement, le livre a été déclaré vainqueur qu’après quatorze tours de votes et ce, grâce au vote du président, un événement assez inédit. Par ailleurs, le livre qui lui faisait face pour ce vote final n’était autre que Le mage du Kremlin, de Giuliano da Empoli, grand favori du concours. Ainsi, Marianne, comme d’autres journaux, se sont empressés de mettre en évidence cette « injustice » en descendant le travail de Giraud par la même occasion.

La presse papier, quant à elle, s’est moins manifestée pour la remise de prix de Vivre vite. Le livre est passé sous les radars. Et bien que certains l’ai mentionné comme le Temps, celui-ci est resté extrêmement factuel, au point de mettre totalement de côté la qualité littéraire de l’ouvrage.

 

Un bilan hétéroclite

Même si la presse ne s’est pas passionnée pour ce livre, les lecteurs, eux, ont dans l’ensemble été plutôt charmés par leur lecture. En effet, que ce soit sur Sens Critique, Babelio ou Lecteurs.com, la note moyenne globale de Vivre vite s’élève presque à 4/5. Par ailleurs, la lyonnaise a aussi conquis le cœur des bloggeurs qui ont majoritairement et expressément encensé le livre et ses qualités. Cependant, si nous continuons de regarder les chiffres et les statistiques, il est difficile d’ignorer les plus importants : ceux des ventes. Contrairement à ses prédécesseurs, qui ont, pourtant, eux aussi été sujets à diverses controverses, Brigitte Giraud n’a pas vu son chiffre de vente exploser comme tous les autres Goncourt. À la fin de l’année 2022, elle avait cumulé un total de 198.000 exemplaires écoulés contre 350.000 pour un Goncourt moyen.

 

Vivre vite de Brigitte Giraud, Flammarion, 2022

 

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